HISTORIQUE - JKA C.O
 

L'histoire de JKA Côte d'Opale à partir de l'histoire du karaté

IMG_1831 - 3.jpg
Gichin FUNAKOSHI 1868-1957
 
 
Le portrait de Gichin Funakoshi orne de nombreuses salles de karaté (« dojo »). C’est le cas dans notre dojo JKA de Boulogne, où l’icône de l’illustre maître trône entre les portraits de senseï Nakayama et de Sensei Miyazaki. Sensei Funakoshi est souvent représenté un livre à la main : senseï Funakoshi était un homme de lettres, respectueux des traditions, ce qui explique sans doute qu’il souhaita faire du karaté un véritable art, un art de vivre qui se pratique au quotidien («  karate-do » ) et qui ne se limite pas au seul apprentissage des techniques martiales, comme en témoignent les vingt préceptes de la voie du karaté cités plus bas…
 
« Père du karaté moderne » ?
 
Gichin Funakoshi est souvent présenté comme « le père du karaté moderne », alors qu’il fut plus exactement le « diffuseur » au Japon d’un karaté « moderne » fondé par Itosu* - l’un des deux maîtres de Funakoshi – qui l’envisageait déjà au tout début du siècle comme un moyen d’éducation physique et morale pour les écoliers de l’île d’Okinawa.

C’est d’ailleurs sur cette fameuse île – et non sur l'île principale du Japon, Honshu - que naquit le karaté. L’une des premières démonstrations du karaté en dehors d’Okinawa se déroula en 1922 à Kyoto, dans le dojo de Gigoro Kano, fondateur d’un autre grand art martial : le judo. Ce dernier encouragea à cette occasion Funakoshi à répandre le karaté dans tout le Japon.
S’il ne fut pas à proprement parlé le fondateur du karaté moderne, il fut en revanche créateur du style Shotokan, que nous pratiquons aujourd’hui d’une manière toutefois différente de celle enseignée par Funakoshi au départ.
 
Le fondateur du style « shotokan »
 
Après avoir passé des années à enseigner le karaté en gagnant à peine de quoi vivre, Funakoshi a le plaisir de voir son art se développer auprès d’étudiants de diverses universités, qui vont eux-mêmes  construire le premier dojo, en 1938. Il sera nommé « Shotokan ».

Kan
désigne la maison, le dojo, tandis que Shoto correspond au pseudonyme sous lequel Funakoshi signait ses poèmes, et qui signifie littéralement « bruissement de la pinède », en souvenir du lieu où le maître aimait se promener dans sa jeunesse. Funakoshi a alors 70 ans, et son école va peu à peu essaimer dans la province de Tokyo.
        Toutefois, le style Shotokan que nous connaissons est fort différent de l'originel, de par l’influence de Yoshitaka Funakoshi, le fils de Gichin. Alors que ce dernier pratiquait un karaté haut et court, Yoshitaka va introduire des positions basses, fortes et des mouvements amples, qui inspireront le karaté de la JKA que nous connaissons.
 
Le karaté selon Funakoshi : un art sans combat

Funakoshi était opposé à la compétition et au combat libre, même à l’entraînement. Sur ce point, il s’opposa vivement à son fils qui, lui, élabora des techniques et des stratégies pour le combat libre.

D'ailleurs Karate-do signifie littéralement « La Voie de la Main Vide ». Il serait réducteur et erroné de penser que la victoire en combat est l’unique objet de l’étude du karaté, en effet là n’est pas le but à atteindre. Maître Funakoshi disait : « Karate ni sente nashi » que l’on peut traduire par « En karaté, il n’y a pas de première attaque. » Ce précepte représente l’essence même de cet art qui met en avant la volonté de pacification. 
A la recherche d'un développement physique et spir...

A la recherche d'un développement physique et spirituel

Cinq règles et vingt principes

Il y a souvent un amalgame d'établi entre le Dojo Kun récité à la fin des cours et les cinq règles et vingt principes écrits par Gichin Funakoshi.
Sakugawa "Shungo" Kanga (1733-1815), est considéré comme le précursseur d'un ensemble de principes que l'on doit respecter lorsqu'on pratique le karaté. Sensei Funakoshi a, lui, écrit cinq règles et ninju kun, que vous pouvez retouver dans son livre autobiographique "Karate-do ichiro".

 Dō et Jō, sont deux idéogrammes qui signifient respectivement la voie et le lieu. Le dojo est donc le lieu où l'on recherche la voie. 
Dojo  kun, tel qu'il est traduit et récité dans notre dojo a été écrit par les premiers instructeurs de la JKA. C'est l'énumération des règles d'usages et de vertus (kaisetsu) envers une attitude altruiste et correcte (shisei). Vous entendrez fréquemment  que "le Dojo kun ne doit pas se limiter au cours de karaté". Cela signifie qu'il constitue en soi, un ensemble de règles et principes éthiques à respecter, au quotidien, tout au long de la vie.

Il faut donc comprendre à travers ces règles que le karaté shotokan développé par Funakoshi, père et fils, et par les instructeurs de la JKA vise un développement harmonieux du corps et de l'esprit.  


En 1949, la Japan Karate Association est créée avec à sa tête, Sensei Gichin Funakoshi comme Chef instructeur honoraire. Il est alors âgé de 81 ans. En 1957, le maître s'éteint, quelques semaines avant la première grande compétition organisée par la JKA.

*Itosu est à l'origine des kata Heian