Que font deux karatékas lorsqu'il se rencontrent ? Ils parlent de karaté et parfois d'histoires de karaté...
Lors de l'unes de ces soirées d'après stage, j'étais en compagnie de Sensei Lautier et nous discutions des instructeurs de la Japan Karaté Association (JKA).
Soudain, après le repas, la discussion continuait et il commença à écrire sur la nappe de papier qui recouvrait la table sur laquelle nous avions dîné.
En haut de la feuille, il inscrivit le nom de Gichin FUNAKOSHI puis le relia, en dessous, au prénom du fils Yoshitaka FUNAKOSHI. En dessous, il plaça Sensei NAKAYAMA et, en parallèle, Sensei NISHIYAMA (ITKF), les cofondateurs de la JKA.
Sensei, tout en continuant à tirer des traits et en inscrivant d'autres noms de grands sensei, m'expliquait l'influence des générations, de la relation sempai-kohai, et des identités culturelles et universitaires.
Si dans les années 1940-50, certains désaccords naissaient par rapport à la place du kumite (combat) dans l'entraînement, quelques décennies plus tard, on a vu émerger certaines scissions du fait d'autres influences.
Le chef instructeur actuel de la JKA, Sensei SUGIURA, se trouvait naturellement relié à celui de M. NAKAYAMA puisqu'il lui succéda.
Dès lors, l'arborescence qu'il dessinait se complexifia. Les noms de grands instructeurs se juxtaposaient, ou étaient placés en parallèle en fonction de leurs parcours universitaires et de l'origine de leurs sempai.
Je le questionnais naturellement sur la légitimité du plus ancien dans le grade le plus élevé, quand deux instructeurs sont de même grade, de même génération et sont issus d'universités différentes...
Dès lors, quatre, cinq générations identifiées par des lignes de noms, se juxtaposaient sur la nappe de papier.